Wednesday, 8 November 2006

Quan sát và bình luận (November 08, 2006)

(2/11/2006)

AUTOUR DE L’INCENDIE D’UN BUS MARSEILLAIS

L’attaque barbare d’un autobus par trois jeunes, samedi 28 octobre à Marseille, dans lequel une étudiante marseillaise d’origine sénégalaise a été grièvement brûlée, provoque l’émotion en France.

Qualifié de « vrai guet-apens » par le procureur de la République, Jacques Beaume, l’incendie suscite de vives inquiétudes parmi la population française. Comme une réaction naturelle, l’opinion publique relie, tout de suite, cet incident à Marseille aux événements antérieurs des violences urbaines, en particulier aux émeutes récentes dans les banlieues françaises. On établit un rappel chronologique très douloureux des incidents qui se sont produits en moins d’un an et qui donc témoignent d’une tendance de fond plus qu’inquiétante : les violences n’ont cessé de croître depuis dix ans.

Les enquêtes sont encore en cours et, selon toute probabilité, les enquêteurs pourront arriver à la conclusion que l’incendie constitue « un acte isolé » et que la situation à Marseille reste globalement calme. Mais pour des pessimistes, l’attaque de samedi soir équivaut déjà à un acte qui a mis fin à l’exception marseillaise- une ville longtemps épargnée par les flambées de violences urbaines.

Une telle réaction fait, sans doute, preuve de la présence de retombées considérables des violences urbaines précédentes. L’inquiétude d’une recrudescence des violences semble être devenue une obsession permanente chez une partie de la population française et chez leurs autorités. En effet, après les émeutes en banlieue de l’année dernière, le gouvernement français a juré d’aborder ce qu’il considère comme les racines du mal, à savoir le chômage, la discrimination et la pauvreté dans des faubourgs, dont des quartiers des immigrés. Mais des critiques se plaignent que les politiciens français n’aient pas assez fait et que la situation n’ait guère changé depuis. Il y a des signes de retour des violences dans nombre de banlieues et villes. On a peur que l’incident marseillais, à moins d’être bien contrôlé, ne puisse devenir la goutte qui fait déborder le vase !

Essentiellement, les violences urbaines en France, y compris, peut-être, de l’incendie récent à Marseille, prennent racine dans de questions plus supra- structurelles. Par exemple, de nombreux économistes ont reconnu depuis plus d’une décennie qu’un SMIC trop généreux, couplé de d’autres rigidités dans le marché du travail (e.g. les horaires de travail), a amené à un taux de chômage qui est resté obstinément haut depuis le début des années 1990. En même temps, un système également généreux de bien-être avec l’éducation gratuite, des soins médicaux gratuits, et des allocations d’alimentation, etc. joue un rôle clé en attirant ceux qui n’ont pas nécessairement besoin de travail. Un tel régime socio-économique peut bien contenir l’embryon d’un malaise social. Et quand les autorités doivent faire face à ce dernier, ils ont du mal à mobiliser efficacement la police qui s’avère d’être excellente en répression mais ne pas l’être en prévention…

Comme ce sont des problèmes structurels, on ne peut pas trouver une solution du jour au lendemain. D’ailleurs, les émeutes en banlieue et les violences urbaines sont devenues depuis longtemps un syndrome français qui est lié aux valeurs de la démocratie française. Même si on pouvait trouver un remède à ce malaise, le pays porte toujours la cicatrice de son passé violent. Une récurrence du malaise pourrait aussi être prévenue si elle trouve des conditions favorables qui comprennent, parmi d’autres, des calculs politiques et la manipulation de l’information par les médias. A quelques mois de la présidentielle, qui pourrait prétendre que l’incident de samedi 28 octobre à Marseille n’a pas pris une tournure politique ? Et qui oserait conclure que les médias n’ont pas « attisé des braises » dans cet incident marseillais épouvantable ?

Tuesday, 7 November 2006

Arts (November 07, 2006)

(25 oct. 06)

S'AGIT-IL D'UNE EXPRESSION DE L'ART OU DU PLAISIR SEXUEL ET DE LA VIOLENCE?

L’histoire autour de M. Thierry Ehrmann et de sa « Demeure du Chaos » à Lyon (http://www.serveur.com/articlepresse/article204.html) nous rappelle le scandale qui s’est récemment produit lors d’une exposition en Allemagne d’un groupe d’artistes chinois.

Durant le mois d’août dernier, les passants de la gare Place Rosa Luxemburg à Berlin sont restés stupéfaits de l’exposition des œuvres d’un couple d’artistes pékinois. Au premier coup d’œil, on a l’impression de rencontrer des caricatures ou des graffitis dessinés par les jeunes indisciplinés sur des murs le long des rails. Figurez-vous qu’une peinture décrite de près un gros rire devant un tas de décombres d’un bâtiment bombardé où le rouge sang des cadavres déshabillés et décapités dégouline entre les briques. Dans une autre, on trouve une femme nue qui est bouche bée devant un gâteau à la crème et une assiette de hot-dogs sur lesquels sont perchés énormément de cafards et de mouches.

Il n’est pas étonnant que les passants refusent d’apprécier ces prétendues « œuvres artistiques ». Les dessins faisaient peur non seulement aux petits enfants mais aussi aux adultes. On a vu de petites filles et petits garçons trembler de peur en regardant ces images et exhorter leurs parents de les faire sortir de la gare. On a aussi remarqué nombre d’adultes qui ont sursauté quand cet horrible spectacle s’est soudainement présenté à leurs yeux. De nombreux passants ont proféré sans réflexion des critiques tel que « quel type écœurant d’art » en cherchant à s’échapper de ces images d’horreur.

Tous les tableaux de ces artistes chinois ont finalement été enlevés le 19 août 2006, largement avant la date prévue. C’étaient les vives réactions auprès du public contre les expressions rudimentaires du sexe et contre les éloges flagrants pour la violence qui ont poussé les organisateurs à cette décision alors qu’ils avaient auparavant attendu un soutien actif du public allemand pour un esprit d’émancipation d’eux-mêmes chez les artistes chinois.

Que le public d’un pays où prévalent les valeurs de liberté comme l’Allemagne qui est hautement sensible à toute contrainte imposée à la liberté, ont aussi vivement protesté contre une exposition, nous pose plusieurs questions sur l’art, surtout l’art post-moderne. D’abord, faut-il imposer des limites nécessaires sur la création artistique générale ? Y a-t-il une interprétation universelle du post-modernisme dans l’art ? L’art post-moderne est-il synonyme du renversement des principes traditionnels tels que les trois valeurs fondamentales de l’authenticité, du bien et de l’esthétique ? Les artistes post-modernes pourraient-ils être exemptés des responsabilités sociales normales, y compris du respect pour des valeurs éthiques ? Ces questions sont bel et bien posées non seulement au cercle d’artistes mais aussi au grand public dont l’attitude vis à vis d’une œuvre d’art détermine l’immortalité ou le décès prématuré de cette dernière.

Monday, 6 November 2006

ĐUA TỐC ĐỘ (Entry for November 06, 2006)


(18 oct. 06)

L’ERE DE LA VITESSE

« Le poids, surtout celui des roquettes constituait le point de référence pendant la Guerre Froide alors qu’aujourd’hui on utilise l’unité de vitesse, i.e. la vitesse des affaires, des voyages, de la communication et de la création, pour mesurer la mondialisation. » Cette supposition a été présentée par un journaliste américain, Thomas L. Friedman, dans son ouvrage « The Lexus and the Olive Tree- Le Lexus et l’olivier» ((publié en 2000). Ce point de vue s’avère bien adapté au cas du Vietnam, un pays en voie d’industrialisation et de modernisation, et une société qui s’intègre à toute vitesse dans la vague de mondialisation.

A l’ère de l’économie de marché tout le monde doit être actif et suffisamment sensible aux développements du marché pour qu’on puisse bien gagner sa vie. A ce titre, tout le monde se ressemble en ce sens que tous ont besoin de la vitesse. Face au tourbillon du marché, aujourd’hui mondialisé, nos hommes et femmes n’ont d’autre choix que se livrer dans la course avec le temps, le marché et le reste de la société, pour rester à flot et pour atteindre une vie meilleure. Comme la vitesse est devenue indispensable dans la vie quotidienne de chacun, on a toujours l’impression de manquer de temps et même d’être chassé par quelqu’un. Tout est devenu « instantané », que ce soit pour manger, voyager, parler, voire tomber amoureux.

Le 21ème siècle est sans doute celui de la restauration rapide (fast-food). On voit aujourd’hui dans les grandes villes du Vietnam, comme partout ailleurs dans le monde, la prolifération des enseignes de MacDonald et de KFC. Ces restaurants ainsi que des traiteurs locaux servent de la nourriture « prêt-à-manger » à un nombre grandissant d’étudiants, de fonctionnaires et de citadins qui ont tendance à consacrer un minimum de temps pour leur repas. On mange comme si on faisait son devoir. Bien que ce fait ne soit pas nécessairement une menace à la tradition gastronomique du pays, cela menace vraisemblablement de compromettre les valeurs culturelles qui se situent derrière un repas familial.

On mange en marchant. Il est prouvé aussi qu’on bouge davantage et plus rapidement. La circulation est toujours animée. Dans la rue, tout le monde a l’air pressé. Tous essaient de mettre leurs véhicules à la plus grande vitesse possible. Le nombre de chauffeurs qui dépassent la vitesse limite et donc menacent la sécurité routière ne cesse de s’accroître. Le désir de conquérir la grande vitesse constitue une motivation majeure pour les courses non-autorisées de moto chez les jeunes vietnamiens. La conquête de la vitesse est considérée comme une manifestation d’une mode de vie précipitée pratiquée par pas mal de jeunes.

Une autre manifestation est la vitesse dans l’amour ! L’amour reste-il encore un sentiment humain sacré quand plusieurs jeunes gens le considèrent comme quelque chose qui vient et va à une vitesse folle ? Récemment, il y a une chanson de pop très critiquée par les adultes mais très populaire entre les jeunes, dans la quelle se chante « …peu n’importe ton amour ! Tu peux partir ou rester, cela m’est égal… » L.

La vitesse constitue un repère pour chaque individu et aussi pour chaque société à l’ère contemporaine. Mais il existe toujours le revers de la médaille. La vitesse au détriment du soin et de la certitude pourrait mener à la destruction. Si l’on parle trop vite, on risque de manger des mots et, par conséquent, de devenir incompréhensible. Si l’on mange trop vite, on apprécie le repas à peine, et pire, on perd du savoir-se-tenir-à-table. Dépassant la vitesse limite en circulation, on risquera d’être condamné à une amende et voire de perdre la vie.

Le développement surchauffé d’une économie, d’une société ou d’un individu porte certes des fruits. Mais il présente aussi une implication culturelle : on risque de faire perdre l’identité culturelle et d’appauvrir l’humanité.

KHAI TRƯƠNG BLOG (Entry for November 06, 2006)

Tran Manh Ha (12 oct. 06)

LA VIE NOCTURNE A SAIGON

Conquis par les Français en 1859, Saigon aurait été connu pendant des années comme le « Paris de l’Extrême-Orient ». Pendant la guerre du Vietnam, Saigon était le siège du commandement américain et en même temps un centre de loisirs pour les soldats américains qui ont baptisé la ville la « perle de l’Extrême-Orient ». Comme Paris- la capitale de la lumière, Saigon n’expose pleinement son charme qu’après la tombée de la nuit. La charme nocturne de Saigon constitue, certes, une source illimitée d’inspiration pour des artistes, des compositeurs et aussi des visiteurs. Quelles que soient les vicissitudes de l’histoire qu’elle a vécues, Saigon garde encore ce grand atout.

Débaptisé Ho-Chi-Minh ville depuis la réunification nationale en 1975, le Saigon d’aujourd’hui est la première ville du Vietnam, devant la capitale Hanoi, en termes de développement socio-économique et surtout en termes d’ouverture au monde extérieur. Aujourd’hui, néanmoins, quand on parle du Saigon nocturne, on fait toujours allusion à la vie nocturne « non- maîtrisées » d’un centre cosmopolite, ce qui révèle le côté caché de la société vietnamienne actuelle.

A Saigon, on n’a jamais de temps morts. Il y a trop de gens qui ne dorment pas mais partent à la conquête de la nuit. Bien que les objectifs de cette conquête soient divers, on peut les regrouper en deux catégories principales : l’une comprend ceux qui restent éveillés pour dépenser de l’argent alors que l’autre le fait pour gagner son pain.

Le premier espace pour ceux qui veulent dilapider de l’argent est dans des discothèques et des bars qui poussent comme des champignons en même temps que l’ouverture du pays au reste du monde. Ces endroits sont certainement ceux de l’extravagance où on doit payer une somme au moins dix fois supérieure au salaire d’un fonctionnaire moyen pour une petite bouteille de whisky. Mais ce qui est pire est le fait que ces lieux de récréation sont des foyers des vices sociaux tels que la prostitution, l’abuse de drogue et, récemment, l’utilisation d’ecstasy qui constituent la cause principale pour la contagion du sida. La prolifération des services de des Cafés - Internet et des centres des jeux vidéos offre un lieu idéal de rendez-vous pour des accros d’Internet dont la plupart sont des élèves et des étudiants qui peuvent passer des jours et des nuits dans leur monde virtuel en sacrifiant bel et bien leurs travails scolaires. La vie nocturne à Saigon devient toujours plus chaude pendant des fêtes. Les jeunes gens profitent très souvent de l’ambiance de fête pour organiser des courses de moto non autorisées, ce qui est extrêmement nuisible pour les citadins. Apparemment, par une conquête de la nuit, ces jeunes gens perdent le jour. En brûlant de l’agent pour les récréations dans la nuit, ils brûlent leur vie, leur futur et celui du pays.

Par contrast avec le rythme animé de la vie consumériste, il y a une autre vie nocturne plus tranquille à Saigon. C’est celle des pauvres travailleurs qui doivent rester éveillés et « brûler » leur énergie pour gagner leur vie. A part ceux qui participent aux fonctions traditionnelles de sécurité, de santé, d’approvisionnement ou de propreté de la ville, il y a des « xe -om » (des chauffeurs de moto - taxi), des porteurs dans des marchés de nuit, des camelots et de petits garçons qui travaillent comme cireurs de chaussures. Pour ces personnes qui sont très nombreuses au Vietnam, l’argent durement gagné est toujours liées à leur sueur et même leur sang.

Les deux groupes ensemble constituent, donc, les deux gammes contrastées d’une peinture nocturne de Saigon qui, à son tour, se révèle comme la moitié cachée du panorama de la société actuelle du Vietnam. Cette moitié ne semblait pas exposée pendant les années où l’économie restait centralisée et la société bien fermée. C’est peut-être dans cette logique que plusieurs personnes attribuent la responsabilité de ces phénomènes sociaux négatifs au côté sinistre de l’économie de marché et de la mondialisation. A qui ou à quoi que la responsabilité appartienne, l’image nocturne de Saigon fait preuve de l’existence actuelle d’un fossé inacceptable qui sépare les riches et les pauvres dans la ville et même dans tout le pays. Tant que cet écart ne cesse de grandir, la conquête de la nuit de Saigon n’ajoutera que la gamme foncée à la peinture de la ville et, par conséquent, ferra perdre de l’éclat à la « perle de l’Extrême- Orient ».